Voila, ça fait un certain temps que je n'arrive plus vraiment à écrire. Pour la première scène que j'arrive à sortir depuis un certain temps, j'aurais besoin si quelqu'un passe par la d'un avis général.
Pas forcément entrer vraiment dans le détail, mais un avis sur la scène en elle-même, savoir si c'est lisible quoi ^^Le feu brulait dans la cheminée, Wotan était blotti contre lui et il s'accrochait à l'animal comme à une bouée de sauvetage. Une main fine posa une tasse fumante devant lui et il l'attrapa machinalement. La porcelaine ébréchée lui était familière et il ferma les yeux avec douleur.
- Je ne pensais pas te revoir...
Kylian eut l'impression de recevoir un coup de poignard, la voix ne contenait pas de reproche, et c'est sans doute ce qui lui faisait le plus mal.
- Je n'aurais pas du venir, murmura t-il.
Un rire froid lui répondit.
- Je ne te l'aurais jamais pardonné.
- Parce que tu m'as pardonné le reste ? demanda t-il avec ironie.
Les choses étaient dites, il entendit la jeune femme déglutir, il n'avait pas besoin de se tourner pour visualiser son expression pensive et les petites rides qui devaient barrer son front alors qu'elle cherchait ses mots. Il sursauta violemment quand elle posa une main sur son épaule et renversa une partie du liquide de sa tasse. La brûlure lui sembla bénigne en comparaison de la main dont le bout des doigts touchaient la peau de son cou.
- Je vois, dit-elle finalement. C'est pour ça que tu n'es jamais revenu.
Il ne répondit pas tant la réponse lui paraissait évidente. La main serra son épaule, et il senti des griffes s'enfoncer dans sa chaire, quand le sang coula, il accueilli la douleur avec un étrange soulagement. Mais elle retira sa main.
- Je ne pense pas que le seul souvenir d'une rupture vieille de quatre ans te mette dans un tel état...
- Ce n'est pas la rupture... Mais les raisons de celle-ci qui m'ont rendu malade, lâcha t-il à regret.
Il l'entendit soupirer et essaya de se concentrer sur la douleur, mais celle-ci n'était rien, à peine une égratignure dont il commençait déjà à guérir. Il baissa la tête, il ne savait pas ce qui l'avait poussé à revenir. Il n'était certain que d'une chose, il n'avait pas envie de discuter.
- Qu'est ce qui t'a poussé à revenir finalement ? demanda-t-elle.
Parce qu'il lui avait fait beaucoup de tord, parce qu'il savait maintenant combien elle avait souffert de son départ, il se senti obligé de répondre. Les mots se bousculèrent, ne racontant que ce qui n'était pas essentiel. Il parla de sa rupture, du sentiment de détresse, de la perte de repère, de son besoin d'éloignement. Elle écoutait en silence, sans interrompre alors qu'il lui parlait de celle qui lui avait succédée.
Il ne parla pas de ce qu'il s'était passé quatre ans plus tôt. Il ne revint pas sur les raisons pour lesquelles il l'avait abandonnée sans un seul regard en arrière. Et avec ces raison, il tu sa honte et ses regrets. Il ne reparla pas de leurs disputes, il n'avoua pas sa douleur. Et quand il admit que rien n'aurait réellement était possible, il dit seulement que sa nature se dressait entre eux, et non le spectre d'une autre femme. tout cela, il le tut, et alors qu'il parlait, sa lâcheté l'écœurait. Quatre ans plus tôt il avait préféré céder à la facilité l'abandonnant refusant de se priver de ce qu'il considérait comme essentiel et qu'elle nommait autrement.
En quatre années ils s'était perdu, avait cru se retrouvé, puis avait découvert avec horreur qu'il ne s'était jamais vraiment retrouvé. Et au bout de quatre ans il avait fini par l'admettre. La magie ne le servait pas, elle l'aveuglait, le dévorait, et il avait tout immoler à cette redoutable maitresse. Il s'était détourné de ceux qui pouvaient l'aider, puis de ceux qui pouvaient le soutenir. Par arrogance il avait rejeter ceux qui tenaient à lui, jusqu'à ce qu'il ne reste que Wotan et son frère. Il avait peu à peu consumé sa personne même, il s'était noyé et avait cru mourir.
Une buche craqua dans la cheminée, une gerbe d'étincelles jaillit, les éclairant brièvement. La main revint se poser sur son épaules.
- Tu es fais pour manier la magie Kylian, les ce sont tes erreurs de jugements qui...
- Je lui ai tournée le dos.
Le silence retomba dans la pièce. Il la senti s'appuyer contre son dos, ce contact raviva le souvenirs de soirées semblables, mais l'odeur d'un homme se mêlait désormais à la sienne, et il devait désormais admettre qu'il ne faisait plus partie de sa vie.
- Je t'ai pardonné le reste il y a longtemps Kylian.
- Pourquoi ?
- Parce que toi, tu ne te le pardonnera jamais...
Ces paroles touchèrent quelque chose au plus profond de son être. Son, il n'avait pas la capacité de se pardonner cela. Pardonner aux autres était difficile, pardonner à lui-même n'était pas quelque chose qu'il pouvait faire, et quatre ans plus tôt, il avait abandonné la seule personne qui aurait pu lui apprendre à le faire, lui préférant la magie et le sentiment de puissance qu'elle lui procurait, incapable de faire la part des choses et de comprendre ce qu'il brisait.