Notes préliminaires : L'univers de cette histoire est celui d'un de mes romans. Un certain personnage en est d'ailleurs l'héroïne...
Que revienne la grandeur passée du peuple akwaynn ! Que le sang des guerres abreuve à nouveau notre race !Telle était la devise de la Confrérie, qui résonnait dans la tête de Dollius alors qu'il savourait déjà son triomphe. Jamais il n'avait vu palais si mal surveillé. Et c'était celui du roi ! Ces gardes inattentifs étaient donc les descendants des fiers guerriers qui dominèrent les peuples sous-marins de la Terre Mortelle ? La race akwaynn avait donc dégénéré à ce point ?
Cela ne pouvait plus durer. Il fallait en finir avec cette torpeur que sa dite majesté nommait paix. La paix ! Qu'était donc ce mot ?
Dollius se réjouissait de cette mission, qui n'était rien d'autre qu'un avertissement. Dans quelques instants, la princesse Warrendia serait morte, ses quatre bras seraient découpés et sur son dos seraient gravées les trois dagues de corail, emblèmes de la Confrérie.
Les gardes lui avaient, par leur inattention, mâché le travail. Il avait pu nager dans ces couloirs presque sous leur nez. A quoi donc leur servaient leurs yeux d'akwaynns, si l'obscurité d'un château sous-marin suffisait à les aveugler de la sorte ? Et dire que les livres d'histoire mentionnaient des guerriers capables de se battre dans une nuit noire en pleine jungle de Swankoo ! C'était la paix qui atrophiait les races à ce point, le doute n'était pas permis. Une fois que la Confrérie aurait pris le pouvoir, le peuple akwaynn réapprendrait l'art de la guerre, mènerait de nouvelles batailles dans d'autres régions de l'océan, puis sur la terre ferme, et même à ces stupides eïgloos, qui croyaient dominer la Terre Mortelle simplement parce qu'ils la survolaient !
A présent, il n'était plus qu'à quelques brasses de la chambre de Warrendia. Il nagea sans bruit jusqu'à la porte, saisit dans deux de ses mains des dagues de corail et la poignée dans une troisième, la tourna, plus silencieux que jamais, glissa lentement le panneau, entra et referma derrière lui.
Ne serait-ce pas trop facile ?Cette pensée lui traversa l'esprit. Était-ce donc le moment ? Devant lui se dressait la capsule de quartz où dormait Warrendia. Il s'approcha sans hâte de celle qui deviendrait sa proie. Quinze ans... Un bien jeune âge pour mourir. Là était ce qui frapperait le roi Nemiios au cœur : le cadavre démembré de sa fille adolescente. Quel triomphe pour la Confrérie ! Dollius serait un héros !
Le moment était venu. Des frissons de joie parcoururent son corps. De ses deux mains encore libres, il souleva le couvercle de quartz. Puis ses bras armés plongèrent vers la forme couchée sur le lit d'algues, les dagues s'y acharnèrent, chaque coup élargissait son sourire cruel...
Aucun sang ne se mêlait à la mer.
La joie de Dollius fondit. Il baissa les yeux vers le lit d'algues.
Vide.
_ Enfin te voilà ! J'étais lasse de t'attendre.
La voix s'exprimait dans un akwaynn teinté d'accent humain. Plus exactement jerwellais.
Comment est-ce possible ? Aucun humain ne peut survivre sous l'océan !Une silhouette jaillit de sous la capsule et flotta devant Dollius. Une femme. Sa peau cuivrée et ses yeux en amande trahissaient l'origine jerwellaise. Un masque couvrait son nez et sa bouche, un écran transparent protégeait ses yeux...
Un masque de respiration !C'était l'une des plus belles inventions des elfes, grâce à laquelle leurs enquêteurs pouvaient survivre dans n'importe quel milieu. Mais la fille était humaine. Elle portait une veste et un pantalon amphibies, de couleur... noire ? Une autre invention des elfes, mais le tissu était normalement bleu sombre. A moins que la teinte ne puisse se modifier, comme sur les tenues des...
Une ninja ! Nemiios avait donc demandé l'aide de l'Empire Humain !
Dollius dégaina une troisième dague et sa rapière. Dans son esprit se dessina l'image de la jerwellaise en pièces...
Suite prochainement..._________________
